Laboratoire Société Environnement Territoire (SET)


Patrimonialisation des espaces fluviaux

Agglomération de Pau Patrimonialisation des espaces fluviaux urbains et expérience des visiteurs. Une approche comparée à partir de l’analyse de cas dans le Sud-ouest européen

 
Soucieuses de promouvoir de nouvelles formes de développement urbain plus durable et d’améliorer leur cadre de vie, de nombreuses villes ou intercommunalités s’engagent dans des projets de patrimonialisation de leurs espaces fluviaux. Si les grandes opérations de reconquête des fronts d’eau des années 1980 et 1990, guidées avant tout par une logique économique de réaffectation de parcelles urbanisables, ont fait l’objet de nombreuses publications dans le champ des sciences humaines et sociales, en revanche le mouvement actuel de patrimonialisation d’espaces naturels urbains par des agglomérations de taille plus modeste demeure peu exploré. De même, la place du tourisme et des touristes dans ce processus est rarement étudiée malgré le potentiel touristique des espaces fluviaux urbains. Le projet de recherche se propose donc d’interroger les mutations de la relation ville / nature en se centrant sur le rapport des visiteurs à des espaces fluviaux en cours de patrimonialisation.
Il visera à mettre en évidence sous quelles conditions la patrimonialisation des espaces fluviaux urbains peut contribuer à consolider la notoriété des espaces urbains et à renforcer leur attractivité touristique. Quelles sont les aménités, au sens de qualités intrinsèques et spécifiques, des espaces fluviaux recherchées par les visiteurs ? Comment les valoriser ? 
Le projet de recherche cherchera à combler les lacunes précédemment relevéeset à apporter une réponse à la problématique posée :
d’une part, en analysant, dans une perspective comparative, des dispositifs de patrimonialisation des espaces fluviaux portés par des villes moyennes dans le Sud-ouest européen et en particulier la ville de Pau engagée dans un projet original de constitution d’un Parc naturel urbain structuré par le gave ;
d’autre part, en se centrant sur la place du tourisme et des visiteurs dans ces projets. Il s’agira notamment d’identifier le rapport du visiteur à des espaces fluviaux en cours de patrimonialisation. Nous faisons en effet l’hypothèse que le visiteur est à la fois un observateur attentif mobilisant ses sens (vue, ouïe et odorat) lors de la visite mais également un « usager compétent » des espaces publics dont la parole est digne d’être prise en considération. Qu’il parcoure isolément ou en groupe ces espaces, qu’il les découvre dans le cadre de visites libres ou de circuits guidés, le visiteur est sensible à l’architecture des espaces publics fluviaux, aux ambiances mouvantes, aux sons, aux jeux de lumière (naturels ou artificiels)… Par contre cette expérience demeure souvent de l’ordre du non-dit non pas tant parce qu’elle n’est pas dicible mais plutôt parce qu’elle n’est pas jugée digne d’être racontée. Il s’agira donc de faire émerger ce qui est habituellement tu en donnant la parole aux visiteurs grâce à la mobilisation de techniques d’enquête fondées sur l’utilisation de supports visuels (photographie voire vidéo) déjà mobilisées dans le cadre d’une recherche sur la requalification des espaces publics de stations touristiques des années 1960 et 1970 en proie à des problèmes d’obsolescence .
 

Sylvie Clarimont
Maître de conférences
sylvie.clarimont@univ-pau.fr